Padre de L'Isle
Les homélies. Les nouvelles de la pastorale des jeunes. La Paroisse de L'Isle-Jourdain (32)
10 mars 2012
08 mars 2012
Homélie du dimanche 11 mars, célébration des Scrutinsh
As-tu soif?
Homélie pour la célébration des Scrutins
L'Isle-Jourdain, 11 mars 2012
En raison de la célébration des scrutins, à L'Isle-Jourdain, les lectures sont celles de l'Année A, et non de l'année B.
Nous sommes heureux de célébrer au cours des trois derniers dimanches de carême les «scrutins» par lesquelles Valérie, qui se prépare au baptême se laisse scruter par le Seigneur, revient avec nous sur son chemin de foi, et se dispose ainsi plus parfaitement à recevoir la grâce baptismale. C’est l’occasion de nous interroger nous-même sur cette grâce du baptême dont nous sommes revêtus, souvent depuis notre âge le plus tendre, et nous laisser «scruter» à notre tour par le Seigneur, nous demandant: «qu’as-tu fais de ton baptême?»
Les trois scrutins sont associés à trois textes de l’Evangile, ce qui explique que les lectures ne soient pas celles prévues pour ce dimanche dans vos missels. L’évangile de la Samaritaine, ce dimanche, nous parle de la grâce du baptême comme d’une eau vive… Dimanche prochain, évangile de l’aveugle-né, le baptême comme illumination. Le troisième et dernier dimanche de carême, évangile de la résurrection de Lazare, le baptême comme vie éternelle.
L’évangile de la Samaritaine nous parle donc de notre baptême comme d’une eau vive.
Tout d’abord, notons que Jésus passe un long temps de conversation avec cette femme anonyme de Samarie. A cet instant, il n’y a rien au monde de plus important pour Jésus que cette humble femme qui vient puiser un peu d’eau. C’est peut-être le mystère le plus grand du baptême: le Seigneur nous aime chacun comme une personne unique et précieuse à ses yeux. La grâce du baptême n’est pas une grâce anonyme, une sorte de don général et indifférencié, un «package» promotionnel, un prêt-à-porté divin. Non. C’est du cousu-main, de l’unique, du fait sur mesure. Le Seigneur nous appelle chacun par notre nom, et nous existons devant lui dans l’unicité de notre personne… C’est dire le prix infini de chaque vie humaine, de chaque être humain, petit ou grand, sous le regard aimant de Dieu.
L’eau vive jaillit et désaltère au cours d’une conversation intime entre le Seigneur et chacun d’entre nous. Le baptême est une relation personnelle proposée par le Seigneur, à laquelle nous répondons de toute notre âme. Nous verrons cela les deux prochains dimanches encore : l’aveugle-né illuminé comme Lazare ressuscité ne sont pas des anonymes pour le Seigneur, mais des êtres aimés de façon unique et absolue. Notre baptême consiste à recevoir la grâce de cet amour unique et absolu dans notre vie personnelle, et d’y répondre de tout notre cœur. Le Seigneur vient nous rencontrer aussi totalement qu’il le fit avec la samaritaine, l’aveugle-né, Lazare.
Quant à l’eau vive proposée par Jésus dans cet Evangile, elle nous interroge. Nous puisons l’eau de notre vie à des puits de toutes sortes, à des citernes, à des tuyaux, des robinets que nous ouvrons et fermons à notre guise. Mais il est une soif pour laquelle nous cherchons encore la source. Avons-nous déjà eu soif, vraiment soif? Une expérience qui nous est étrangère finalement. Pourtant une telle expérience de la soif nous permettrait de reconnaître dans la soif du corps, dans son assèchement, dans cette souffrance qu’est la soif prolongée, une autre soif, une autre souffrance, un autre assèchement, du cœur, de l’âme, de l’esprit, de l’existence. De quoi avons-nous profondément soif? Et, ce Jésus, crois-tu qu’il puisse combler cette soif, oui ou non? La réponse à cette question est notre réponse à la grâce du baptême.
De quoi as-tu soif ? A cette simple question je propose une simple réponse: tu as soif de vivre. Aujourd’hui, maintenant, demain, toujours. Toutes les soifs de notre corps procèdent de son désir de vivre, de son besoin vital. Toutes les soifs de notre âme, de même, procèdent du désir et du besoin profond qui résident en notre âme de vivre, aujourd’hui, maintenant, demain, toujours.
Coûte que coûte nous étanchons notre soif. Aussi vite que nous le pouvons. Bien vite, nous étanchons notre soif de vivre avec ce qui ne désaltère pas, ou pour un moment seulement. Avec l’eau obscure d’un puits profond, avec l’eau fade d’une citerne qui n’a pas vu d’orage, avec un robinet qui répond à notre attente d’un revers de poignet. Si vite, nous étanchons notre soif intime pour l’oublier, la faire oublier, pour mieux la cacher, et cela me rappelle les vers de Jacques Brel:
« et mon cheval qui boit
et moi qui le regarde
et ma soif qui prend garde
qu’elle ne se voit pas».
Oh, oui, nous cachons notre soif intime. Et en effet notre soif prend garde qu’elle ne se voit pas.
Si nous trouvons notre soif et ne la cachons plus, nous trouvons la question: qui nous donnera l’eau vive qui est source de vie pour la vie éternelle? Est-ce Jésus? Tu as soif de vivre. Ce Jésus, crois-tu qu’il puisse combler cette soif maintenant et à jamais ? Comme il le prétend? Le crois-tu ? Telle est au fond la question posée au catéchumène alors qu’il approche de la source baptismale. Il a déjà trouvé sa soif, accepte-t-il la source ? Il lui est demandé: «as-tu trouvé en Jésus, ou espère-tu en Jésus, ou crois-tu qu’en Jésus, puisse jaillir ce qui comblera ta soif de vivre ?»
Enfin, à l’attente d’une eau vive pour vivre éternellement, Jésus répond par une promesse plus grande encore. «L’eau vive que je te donnerai, deviendra source de vie éternelle». Non seulement l’eau que je te donnerai, sera l’eau qui étanche ta soif de vie éternelle, mais tu deviendras toi-même la source de cette vie.
«Seigneur, fais-nous trouver notre soif, que nous cherchions une source. Fais nous chercher une source, que nous trouvions l’eau vive que tu donnes. Fais-nous trouver l’eau vive, que nous devenions source à notre tour, et nous entrerons dans la vie que tu promets. »
Amen
Libellés :
Homélie
| Réactions : |
04 mars 2012
01 mars 2012
Homélie du dimanche 3 mars, deuxième dimanche de Carême
Education à la Présence.
Homélie pour le dimanche 3 mars 2012
Année B - 2ème dimanche de Carême
Les textes de ce deuxième dimanche de Carême nous éclaire sur la pédagogie que le Seigneur a employer pour faire progresser l’humanité, pédagogie destinée aujourd’hui à nous faire progresser nous-même. L’Ecriture garde ainsi le témoignage d’étapes transitoires avant la révélation définitive. Il est remarquable que cette éducation divine se soit attaché à un peuple particulier, le petit peuple hébreux, avant de s’élargir à toute l’humanité. Le but de cette pédagogie est pour le Seigneur, d’introduire son peuple dans une juste relation, une véritable alliance, une définitive communion d’amour avec lui.
Ainsi le livre de la Genèse présente une première étape. Depuis que l’humanité est humaine, elle a une certaine connaissance de Dieu. Un Dieu ou des divinités redoutables, que l’on doit se concilier ou qu’il faut apaiser par des sacrifices. Et plus le dieu est redoutable, plus le sacrifice doit être important. Et cela est allé, dans l’histoire des religions, jusqu’aux sacrifices humains, et non seulement le sacrifice d’ennemis, mais même de ses propres enfants! L’être humain doit s’acheter à tout prix les faveurs divines… Le Seigneur éduque cette vision grandement faussée en interdisant les sacrifices humains, et en les remplaçant par des sacrifices d’animaux.
Un renversement plus grand encore se prépare. En effet, ce n’est pas Abraham qui offre l’agneau du sacrifice, mais le Seigneur lui-même qui pourvoie au sacrifice. Le texte, pourtant très ancien, mais divinement inspiré, dit de façon explicite le changement qui s’opère ici: toutes les nations de la terre finiront un jour par accueillir le changement de relation entre Dieu et les hommes. Une alliance ou Dieu offre lui-même, et où l’être humain, loin d’opérer un sacrifice qui lui coûte, rend grâce, c’est à dire rend à Dieu ce qui vient de lui, comme Abraham sacrifiant le bélier offert par Dieu.
Moïse et Elie, présent dans la vision de la transfiguration, sont deux autres acteurs de cette transformation profonde de la relation entre Dieu et les hommes. Par la Loi et par la Parole prophétique, ils vont apprendre au peuple que les sacrifices ne sont pas si nécessaires que d’obéir à la Loi divine, accomplir la justice et pratiquer la miséricorde. Le Seigneur n’en a rien à faire de ces sacrifices où, au bout du compte, on ne fait jamais que lui donner ce que lui-même a donner en premier: les bœufs, les brebis, les agneaux, tout cela, n’est-ce pas l’œuvre de Dieu? A quoi bon lui offrir ce qu’il a lui-même créé? Non, le sacrifice qui plait à Dieu, c’est un cœur contrit, un cœur capable d’amour réel, de justice, de miséricorde.
L’étape ultime de cette éducation consiste à révéler que le Seigneur se donne lui-même en sacrifice en offrant son propre Fils. Le Seigneur ne retient rien de lui-même, il ne cache rien de ce qu’Il est, il se révèle comme l’ami de l’homme, le frère du genre humain, la source de toute vie et de tout bien, l’ennemi de tout mal et le sauveur de chaque être né de sa bienveillance. Jésus est à la fois l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde par son sacrifice, et la Parole de Dieu, la Loi divine faite chair. Il est le vivant qui nous donne vie à jamais. Désormais, toute notre relation avec le Seigneur Dieu passe par Jésus son Fils fait chair. Nous nous attachons à la personne du Christ et celui-ci est le chemin qui mène à la vie divine. Tel est un des enseignements essentiels de ce passage de la transfiguration.
Nous sommes donc inviter à réviser notre relation avec le Seigneur vivant. Sommes-nous devant une divinité inconnue et redoutable, que nous tâchons d’apaiser par nos comportements, mais que nous ne comprenons pas, et surtout, que nous n’aimons pas? Nous disons: «Qu’ai-je fait pour mériter ça?». Nous prions selon ce que nous comprenons de notre intérêt. Mais nous n’aimons pas Dieu parce qu’il est Dieu, mais seulement dans l’attente de ce que nous pourrions recevoir de lui… Nous nous demandons ce que nous pourrions faire pour mériter ses faveurs, ou plus probablement, instruits par les philosophes qui enseignent, à juste titre, que cette divinité est une oppression, nous nous détournons du vrai Dieu à cause de l’image faussée que nous en avons.
Au moins, nous pouvons entrer dans la parole de Moïse et des prophètes, en faisant le bien selon la loi des dix commandements, en pratiquant la justice et la miséricorde, ainsi que font tous les vrais croyants de toutes les religions du Livre.
Mais nous sommes invités à davantage, à rendre grâce pour le Seigneur Jésus, à nous attacher avec amour à sa personne, car il est notre salut, notre lumière, il nous révèle la vérité de Dieu. Et cela nous invite à l’action de grâce, à l’adoration de Dieu parce qu’il est Dieu.
Bien sûr, comme les trois apôtres, nous ne pouvons rester sur une montagne à contempler éblouis la grandeur de Dieu. Nous allons la découvrir au contraire en suivant notre chemin d’homme, chaque jour, en compagnie du Christ vivant, en compagnie de sa parole, soutenu par les signes que sont les sacrements.
« Seigneur, nous t’aimons et t’adorons, toi qui est le maître de la vie, et donne valeur et profondeur à chaque instant de notre vie. Dans l’attente de te contempler face à face, permet-nous de te découvrir chaque jour au détour du chemin.»
Amen.
Libellés :
Homélie
| Réactions : |
Raid VTT
WE VTT sur le chemin de Saint-Jacques
6° 5°
12 et 13 mai 2012
(NB imprimez et renvoyez l'inscriptions ci-dessous remplie à
Raid St Jacques
AEP
36, rue de la République
32600 L'Isle-Jourdain
ou par mail à laurence.aep@laposte.net
Libellés :
Pastorale des Jeunes
| Réactions : |
29 février 2012
Rassemblement 4° 3° à Lourdes
Rassemblement "Ose la rencontre"
Après les 3 editions précédentes
- Allume ton coeur (en 2006)
- Debout, il t’appelle ! (en 2008)
- Créateur(s) d’avenir ! (en 2010)
La quatrième edition du rassemblement des jeunes de la province du midi se déroulera du 12 au 15 Avril 2012 à Lourdes. Il aura pour thème :
"Ose la rencontre"
Organisé par les Aumôneries de l'Enseignement Public, l'Enseignement Catholique et les Pastorales des jeunes de différents diocèses de la province de Toulouse,
Destiné aux jeunes collégiens de 4ème et 3ème,
Remplissez le tract ci-joint et faite le parvenir à l'adresse:
Pélé Lourdes 2012
Aumônerie de l'Enseignement Public
36, rue de la République
32600 L'Isle-Jourdain
ou à votre responsable local.
Libellés :
Pastorale des Jeunes
| Réactions : |
23 février 2012
Homélie du dimanche 26 février 2012
Tentateur
Homélie pour le dimanche 26 février 2012
Année B - 1er dimanche de Carême.
Ce bref passage de l’Evangile selon saint Marc nous affirme que Jésus est tenté par Satan, mais sans autre détail, alors que Luc et Matthieu développent cet épisode en précisant les diverses tentations.
Dans cet unique verset, Jésus est comme un nouvel Adam. Adam fut en effet celui qui vivait dans la solitude, au milieu des bêtes sauvages et dans la compagnie des anges, dans la proximité de Dieu. Dans cette harmonie, il fut cependant tenté par Satan et il fut vaincu.
Juste après son baptême, qui inaugure sa mission parmi nous, Jésus est ainsi poussé au désert par l’Esprit. Cela veut dire que ce n’est pas en lui la raison humaine qui parle, mais sa nature divine. Il s’agit de rejouer au bénéfice de l’humanité ce qui fut jadis perdu par le premier homme. Le parallèle ne semble pas exact, puisque dans le texte de la Genèse, l’humanité est représentée par l’homme Adam et la femme Eve, alors qu’ici, Jésus est seul. En effet, le combat est certes mené dans l’humanité de Jésus, qui est masculine, mais c’est sa divinité qui l’emporte. C’est la divinité, étrange paradoxe, qui conduit au désert l’humanité pour y être tentée au bénéfice de tout le genre humain. Y est accompli cependant la parole de consolation dite à Eve: ta descendance écrasera la tête du serpent.
Juste après son baptême, qui inaugure sa mission parmi nous, Jésus est ainsi poussé au désert par l’Esprit. Cela veut dire que ce n’est pas en lui la raison humaine qui parle, mais sa nature divine. Il s’agit de rejouer au bénéfice de l’humanité ce qui fut jadis perdu par le premier homme. Le parallèle ne semble pas exact, puisque dans le texte de la Genèse, l’humanité est représentée par l’homme Adam et la femme Eve, alors qu’ici, Jésus est seul. En effet, le combat est certes mené dans l’humanité de Jésus, qui est masculine, mais c’est sa divinité qui l’emporte. C’est la divinité, étrange paradoxe, qui conduit au désert l’humanité pour y être tentée au bénéfice de tout le genre humain. Y est accompli cependant la parole de consolation dite à Eve: ta descendance écrasera la tête du serpent.
Il fut tenté. En notre nature humaine, Jésus a vécu l’ensemble de nos tentations et les a vaincues. Face à la tentation, dans notre combat spirituel contre le mal, nous nous réfugions auprès du Christ Seigneur qui nous donne force et volonté, qui nous relève quand nous sommes tombés, qui nous regarde avec miséricorde, et pour lequel nul n’est si loin de Dieu qu’il ne serait pas aimé.
Satan est ici nommé comme l’auteur de la tentation. Satan signifie en hébreu, l’adversaire. Il est la preuve que Dieu aime tellement sa créature qu’il accepte par avance qu’elle puisse refuser son amour radicalement. Satan est celui qui, créé par amour, refuse cet amour sans pouvoir refuser d’être créé. Il brule ainsi éternellement de se savoir créé par amour tout en refusant l’amour qui le crée. Il refuse l’amour de Dieu sans pouvoir refuser d’être issu de cet amour. Il est le tentateur car, ne pouvant ni exister sans Dieu, ni cesser d’exister puisque aimé de Dieu, il vient frapper à la conscience de l’homme pour le conduire à une impasse semblable. Il est le diabolos, le diviseur qui divise l’homme en lui-même et le sépare de sa source. Il est homicide, puisque qu’il cherche à ôter à l’homme la jouissance de la vie éternelle. Il est le menteur, car il dissimule et refuse la vérité de son être : qui est d’être créé et aimé de Dieu, et il cherche à la dissimuler à l’homme.
Ce combat spirituel, nous le connaissons nous-mêmes. Il prend des figures diverses et détournées, car ce qui se dit clairement à l’être spirituel qu’est Satan, se déguise pour nous derrière les voiles et les souffrances de la chair. Nous le reconnaissons dans chaque désir qui nous vient pour nous détourner du don, de l’amour, du sens de notre vie, de la vérité de notre être. Il s’exprime de façon concrète dans l’orgueil de se croire sans origine, sans Dieu, sans autre référence que nous-même et d’avoir notre propre justification. On trouve cette tentation à l’inverse dans le désespoir de n’être aimé de rien ni de personne, et de penser ne pas même être aimé de Dieu. Ou encore de chercher notre propre bien sans référence à celui qui est la source de tout bien. Cela se déploie concrètement de mille façons plus ou moins claires, une légion d’affects, de pensées, d’habitudes, de faiblesses qui tendent toutes au bout du compte à une seule chose: nous détourner de Dieu, de nous-même et du reste de la Création.
Jésus n’a pas vaincu le Satan seulement dans l’Esprit qui le conduit au désert, mais bien dans la chair, dans la nature humaine: dans sa chair il a rendu grâce, composant pour nous la figure de ce que doit être l’être humain, de ce qu’est l’être humain dans le projet divin: un être établit dans la louange de Dieu, en harmonie entre les bêtes sauvages avec lesquelles il partage la chair, la nature corporelle, et avec les anges, avec lesquels il partage la nature spirituelle. C’est pourquoi l’Evangile écrit de Jésus: «il vivait parmi les bêtes sauvages et les anges le servaient» Nous autres, être humains, sommes en effet créé pour cette harmonie bienheureuse entre la terre et le Ciel, les réalités matérielles et corporelles et les réalités spirituelles.
Ces réflexions mettent en valeur un aspect particulier de la conversion proposée par Jésus, conversion à la Bonne Nouvelle qui est l’objet de ce temps de carême. La conversion qui nous rétablit dans l’action de grâce envers celui qui nous a créé par amour. Il n’y a guère de façon de vaincre le tentateur que de sans cesse revenir à l’action de grâce, à la louange de Dieu. Même demander pardon au Seigneur, c’est rendre grâce à son amour. Même confesser son péché, c’est d’abord et essentiellement confesser ce Dieu qui nous aime. Ce n’est qu’à mesure que nous rendons grâce à Dieu davantage que nous découvrons mieux les pièges de la tentation et les lieux et moments où nous nous sommes laissés tromper. Je dis toujours aux enfants, et je le dis pour vous encore : ne commencez pas une prière sans d’abord rendre grâce. Que le premier mot de votre prière soit gloire à Dieu, ou merci ! Surtout les jours les plus obscurs et les plus troublés. Vous écarterez bien des tentations par cette simple louange adressée à Dieu parce qu’il est Dieu.
« Seigneur, Tu es toi-même la Bonne Nouvelle que nous accueillons avec gratitude. Etablis-nous fermement dans la louange. Que la joie qui vient de ton Esprit Saint écarte ainsi de nous les voiles menteurs du tentateur.»
Amen.
Libellés :
Homélie
| Réactions : |
21 février 2012
Homélie pour le Mercredi des Cendres, mercredi 22 février 2012
Besoin de Carême
Homélie pour le Mercredi des Cendres
Mercredi 22 février 2012
Chers amis,
Pourquoi, cette année encore, allons nous vivre le Carême ? Quelles raisons profondes peuvent nous convaincre d’entrer dans ce temps liturgique avec tout notre cœur et toute notre volonté, afin d’en faire en effet un temps particulier ? Nous avons vécu bien des Carêmes, qu’est-ce qui peut nous décider, une fois de plus, à entrer de manière décidée, déterminée, dans les Quarante jours qui nous préparent aux fêtes de Pâques ?
Chers amis,
Durant des jours et des semaines, nous avons été assommés de superficiel et de quotidien. Les rythmes de notre vie, les habitudes et les contraintes nous enserrent dans de multiples obligations et horaires. Notre être spirituel est usé ou enfoui, bâillonné et ligoté en nous, et le Carême est le moment favorable pour le libérer. Nous avons besoin de ce Carême pour dégager en nous les forces spirituelles, les forces de l’Esprit qui libèrent notre être de ses seules obligations et tourner notre cœur vers le Seigneur. Nous avons besoin de ce Carême pour prendre des temps gratuits de prière, de solitude, de silence. Nous avons besoin de ce Carême pour retrouver, au fond de nous, notre être réel, celui qui est aimé de Dieu, et non notre être superficiel, celui que nous mettons en avant sciemment, ou bien celui qui est comme produit automatiquement par le jeu des relations, des interactions, des rapports de force et qui est posé sur nous comme un masque. Nous avons besoin de ce Carême pour retrouver la vérité de notre vie.
Chers amis,
Durant des jours et des semaines, nous avons été troublés par les soucis, éprouvés par les coups de la vie, abattus par le découragement, fatigués par l’usure du temps, écœurés par la vanité de nos efforts. Nous avons perdu le sens de notre vie avec tout ce qui nous a désorientés, comme girouette soumise aux vents furieux et changeants. Nous avons besoin de ce Carême pour retrouver le Seigneur notre rocher, celui sur lequel notre vie est appuyée, notre fondation qui nous tient debout, qui nous évite d’être emporté sans retour par le vent mauvais. Nous avons besoin de ce Carême pour fréquenter la Parole de Dieu et les Sacrements, car en les uns comme en l’autre, le Seigneur se donne à nous comme notre appui. Nous avons besoin de vivre ce Carême pour retrouver du sens à notre vie. Pour lui retrouver son orientation fondamentale.
Chers amis,
Durant ces jours et ces semaines, nous n’avons pas été dignes de la grandeur de l’homme. Nous avons été petits, méprisables, mesquins, envieux, et un mot, nous avons péché contre Dieu et contre nos frères. Nous avons perdu bien des combats contre le mal. Nous nous sommes découragés et nous avons baissé les bras, nous avons laissé faire. Nous sommes des êtres vaincus et nous ne redressons pas la tête. Nous disons: «A quoi bon?» Nous pensons: «Pourquoi préférer le bien et le vrai et le juste?» Nous nous justifions: « J’ai fait assez d’efforts en vain. A quoi bon cette fatigue?». Il est vrai que nous avons pu mener notre combat en oubliant celui qui a déjà vaincu pour nous. Et sans lequel notre combat est perdu d’avance. Nous avons besoin de ce Carême pour rendre grâce à celui qui a emporté la victoire. A celui devant lequel le péché ne tient pas. A celui qui est bonté et vérité et justice. A celui qui nous rétablit par sa grâce dans la joie des aimés de Dieu. Nous avons besoin de ce Carême pour recevoir la réconciliation et le pardon de celui qui est source de réconciliation et de pardon. Nous avons besoin de ce carême pour sauver notre vie du mal et l’installer dans l’action de grâce.
Chers amis,
Durant ces jours et ces semaines, nous nous sommes confrontés à nos proches, méfiés de nos lointains et avons accablé d’indifférence la plupart de l’entre-deux. Nous avons eu peur de ceux que nous croisions, et nous nous sommes défendus, nous avons insulté, jugé, préjugé. Et ceux que nous avons aimés, nous les avons moins aimés pour eux-mêmes que pour l’assurance qu’ils nous donnent de notre importance. Nous avons aussi ressentis la solitude, ou l’absence de véritable relation, ou nous avons été victimes de la méchanceté ou blessés par la maladresse. Nous avons besoin de ce Carême pour rétablir la vérité de nos relations. Nous avons besoin de ce Carême pour exercer la miséricorde, pratiquer l’amour véritable qui est don de soi, pour découvrir la charité de donner sans retour, pour nous réjouir de la joie de l’autre et de sa réussite, et de son audace, de sa jeunesse ou de sa sagesse. Nous avons besoin de ce Carême pour retrouver le sens du partage, de la véritable relation auprès du prochain. Nous avons besoin du carême pour découvrir en Jésus Christ celui qui nous donne la force de nous faire le prochain de chacun et la grâce de pardonner les offenses. Nous avons besoin de ce Carême pour restaurer notre vie en ses relations.
Chers amis,
Durant ces jours et ces semaines, nous avons avancé en âge. Ces jours et semaines ont passé sur nos têtes. Nous avons rencontré la mort. Croisé la fin de notre existence. Nous avons peur. Ou nous sommes désemparés. Ou nous sommes tentés par le désespoir. Ou comme les enfants, d’enfouir la tête dans l'oreiller jusqu’à ce que le monstre du placard s’éloigne, comme si de n’y point penser nous ferait oublier du croquemitaine. Quoi qu’il en soit, notre cœur a pu être lourd et sans espérance. Nous avons besoin du carême pour découvrir la source de la vie. Pour suivre le chemin du Christ qui passe la mort et se montre à nous dans la splendeur du Ressuscité. Nous avons besoin du carême pour être établi en sa Présence continuelle et vivifiante. Nous avons besoin de ce carême car en Christ seul est notre vie.
Amen.
Libellés :
Homélie
| Réactions : |
02 février 2012
Homélie du dimanche 5 février 2012
Sans repos
Homélie du dimanche 5 février
Année B - 5ème dimanche du temps ordinaire
Le livre de Job est une puissante réflexion sur la condition humaine. La liturgie ne nous en propose que de rares extraits… Mais en voici un propre à nous toucher, prenons le temps de nous y arrêter. Qui ne se reconnaîtrait pas dans les propos de Job? A qui n’est-il jamais arrivé de se lamenter à haute voix ou dans le secret de son coeur sur un ton semblable à celui employé ici par Job? «Vraiment, la vie de l'homme sur terre est une corvée…» Un jour de fatigue, un jour de lassitude, un jour de maladie, un jour de deuil, un jour d’ennui même… «La vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des jours de manoeuvre» Un jour épuisant d’une mère de famille, d’une personne se rendant un matin encore à un travail peu gratifiant, fatiguant ou mal payé, et souvent tout cela ensemble. Un jour de solitude dans le deuil. Un jour de colère devant une vie sans relief.
«A peine couché, je me dis quand pourrai-je me lever?» l’esprit préoccupé, sans repos, troublé par les soucis, les craintes, les questions. Les journées ne finissent pas et les nuits ne sont pas apaisantes mais peuplées de cauchemars, d’angoisses… Lamentation d’un jour, pour les plus heureux, ou lamentation marquant le passage pénible une période de la vie particulièrement éprouvante, et pour les plus malheureux, amertume devenue si habituelle qu’elle fait partie de chaque journée et de chaque nuit, année après année… Combien nombreux sont ceux qui vivent ainsi dans la peine de longues périodes de leur vie? Que ce soit un moment exceptionnel de lassitude ou une peine à laquelle il n’échappe jamais, le malheureux d’un moment, ou celui d’une vie, tous peuvent faire leurs les tristes paroles de Job. Peut-être se sentiront-ils moins seul alors de découvrir que leurs angoisses et leur fatigue se sont glissées à leur insu dans les pages même de la Bible? Peut-être se diront-ils que le Seigneur les connaît bien, ces cœurs sans repos, et qu’il a tant de compassion pour eux que ces mots furent inspirés à l’auteur sacré du Livre de Job pour les réconforter ?
L’amertume de cette vie sans repos appartient en effet à la condition humaine. Combien de philosophes et d’écrivains combien d’artistes ont exprimé par leur art ce mystère de la condition humaine marquée par la fatigue, la peine et l’amertume, le dégout de vivre, l’absence de joie, le fardeau que deviennent les jours qui se suivent? Et ceux qui vivent dans la joie ne doivent pas mépriser leurs frères dans la peine, mais les soutenir au moins de leur prière silencieuse. Se souvenir aussi que le jour d’affliction peut surgir sans prévenir, et que nous ne sommes pas toujours les maîtres des mouvements de notre âme. Laquelle peut être heureuse et joyeuse et légère un jour, sombre et fatiguée le lendemain. Mais peut-on aller plus loin que ce simple constat de l’irréductible peine des hommes ?
Tout d’abord, c’est important de reconnaitre que cela appartient à la condition humaine, et que donc cela nous enseigne sur la condition humaine. Le grand saint Augustin, qui passa par de profonds moments de trouble, d’inquiétude, de peur et qui les raconta plus tard dans ses Confessions, disait de façon tellement admirable qu’il faut vraiment le retenir et se le redire dans nos obscurités : «Notre cœur est sans repos, Seigneur, tant qu’il ne repose en toi!» Tel est le secret à la fois de nos afflictions et le chemin pour en délivrer notre âme. L’auteur du livre de Job n’arrive pas, dans ce bref passage, jusqu’à cette consolation, mais il en ouvre le chemin par sa prière finale: «Souviens-toi, Seigneur, ma vie n’est qu’un souffle» Belle et humble prière qui doit être la première prière de l’éprouvé ou du malheureux : « souviens toi Seigneur, ma vie n’est qu’un souffle ». On peut même traduire de façon plus expressive : « ma vie n’est que du vent. » Je ne suis rien et mes peines sont vaines en même temps qu’elles me torturent, alors souviens toi de moi. Le malheureux Job se tourne vers le Seigneur. Il ne lui demande pas de le délivrer, le pauvre, écrasé qu’il est par la vanité de ses efforts d’une vie qui n’est que du vent. Il n’a pas même la force d’espérer, mais seulement se tourner vers le Seigneur et crier vers lui « souviens toi de moi! ne m’oublie pas! toi au moins, toi le Seigneur, aie pitié. »
Mais le disciple de Jésus peut aller plus loin dans l’espérance qui nous fera rejoindre le chemin de saint Augustin. L’Ecriture ne nous dit-elle pas que le Seigneur s’est en effet souvenu de son peuple, est venu partager sa peine, porter sa croix, et soulager nos détresses? Voyez comment l’Evangile de Marc dit si simplement, comme en passant, comme une chose habituelle, que le Seigneur Jésus prit la main de la malade, et la fit se lever. Lorsque nous sommes nous aussi pris de cette fièvre d’abattement que Job décrit et que nous avons pu connaître, nous savons qu’il suffit que le Seigneur passe pour nous relever, nous faire reprendre notre travail quotidien, nous rendre à nos devoirs, nous donner la force et la patience pour supporter le poids du jour et ses épreuves, comme cette vieille femme fut relevée par Jésus et repris sans un mot son labeur quotidien. « La fièvre la quitta et elle les servait ». Non seulement « le Seigneur se souvient », mais il s’approche, nous prend par la main et nous fait nous lever.
La leçon de l’Evangile, et la rencontre personnelle avec le Christ Jésus ont conduit saint Augustin du milieu de son trouble et de sa peine jusqu’à l’exclamation bienheureuse que je vous répète une fois encore: « Notre cœur est sans repos, Seigneur, tant qu’il ne repose en Toi! » Nos fatigues sont vides de Dieu. Nos craintes, nos détresses, nos épreuves sont vides de Dieu. Nos cauchemars, nos couches d’insomnie sont vides de Dieu. Nos inquiétudes, nos agitations, nos souffrances sont vides de Dieu. Nous n’y percevons que notre néant, nous ne découvrons que la vanité de notre vie et qu’elle est du vent. Notre condition humaine nous présente ainsi une tentation de désespoir : tu n’es rien, pourquoi lutter ? Mais l’Evangile nous annonce à l’inverse un Dieu qui vient nous prendre par la main et nous relever. Nous savons alors que le vide effrayant de nos âmes si souvent ressenti n’était que la place réservée à notre Dieu, car en vérité: « notre cœur est sans repos, Seigneur, tant qu’il ne repose en toi. » Amen.
Libellés :
Homélie
| Réactions : |
28 janvier 2012
Homélie du dimanche 29 janvier 2012
Lui, le Saint.
Homélie du dimanche 29 janvier 2012
Année B - 4ème dimanche du temps ordinaire
«Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir!» Voilà ce qu’a demandé le peuple à Moïse, n’en pouvant plus d’être effrayé par les manifestations de Dieu au milieu d’eux. A cette demande le Seigneur a répondu en promettant la venue d’un «prophète». Ce passage de l’Ecriture nous enseigne une réalité profonde: nous ne pouvons pas supporter la présence de Dieu tel qu’en lui-même. Sa réalité divine est un feu trop brûlant pour que nous y résistions, pour que nous ne soyons pas comme emporté par elle. Cela nous explique pourquoi le Seigneur se révèle à travers des voiles, des intermédiaires, des médiations, comment il se fait connaître à nous de façon indirecte. Comme une lumière trop vive nous aveugle au lieu de nous éclairer. Comme un son trop fort nous assourdit au lieu de nous permettre d’entendre, l’amour divin dans son excès nous consumerait au lieu de nous faire vivre. Si nous nous plaignons parfois de ne pas voir Dieu, de ce qu’il ne vienne pas clairement se manifester à nous, nous ne savons pas ce que nous demandons. Le Seigneur est redoutable, non pas qu’il veuille autre chose que notre bien, mais nous ne sommes pas constitué pour supporter sa pleine présence. En un sens, il n’est guère étonnant que beaucoup le nie, car sa réalité est trop bouleversante. Il est normal que nous soyons nous-même tentés de nous en détourner, car on se détourne de ce qui nous dépasse.
Un alcool pur brule, mais lorsqu’il est dilué dans l’eau et les arômes, il devient du bon vin. Le Seigneur ne se présente pas à nous-même sans voile, sans préparation, de sorte que nous ne soyons pas emporté par sa présence, et que notre liberté soit préservée. Ainsi, toute l’Ecriture témoigne des chemins patients et indirects par lesquels le Seigneur révèle au peuple de Dieu sa présence, la nature de son amour, son projet d’Alliance, et son action. Comme pour apprivoiser notre nature humaine, trop faible pour s’ouvrir sans crainte à sa divinité.
Finalement, cette logique par laquelle le Seigneur veut se faire connaître à nous afin que nous partagions sa vie et recevions la grâce de son amour, sans que cette révélation nous anéantisse ou nous opprime ou nous oblige, trouve son apogée dans le mystère de l’Incarnation. Pour que nous puissions connaître qui est Dieu, il s’est fait homme. Puisque l’homme ne peut supporter la présence de Dieu, trop immense, trop écrasante, Dieu a supporté la nature humaine. C’est par un homme qu’il s’est adressé à nous tel qu’en lui-même, selon la promesse faite déjà à Moïse: «Je ferai lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi. Je mettrai dans sa bouche mes paroles. Il leur dira tout ce que je lui prescrirai.»
Il y eut de nombreux messagers inspirés par le Seigneur, il convenait que dans les derniers temps, le Seigneur vienne lui-même révéler sa parole. Jésus est ainsi le visage et la parole de Dieu. Il n’y a pas de distance entre sa parole et celle de Dieu. Entre sa personne et celle de Dieu. Entre son amour et celui de Dieu. Le credo dit à ce propos: «il est Dieu, né de Dieu, Lumière, né de la Lumière, engendré, non pas créé et par lui tout a été fait».
A chaque fois que nous contemplons la personne de Jésus, que nous nous attachons à ses paroles, que nous imitons ses gestes et attitudes, nous nous approchons pleinement de Dieu lui-même, sans plus le craindre, sans qu’il ne soit plus la présence redoutable, mais l’amour sauveur qui accepte de se faire l’un de nous, de demeurer parmi nous comme notre prochain et notre frère.
Ainsi, le passage de l’Evangile de saint Marc révèle, par la parole des démons la réalité de Jésus: il est le Saint, le Saint de Dieu. Parole mystérieuse à laquelle le Christ ne fait pas écho, sinon en faisant taire et en faisant fuir l’esprit mauvais. La sainteté de Dieu c’est sa nature même, nature redoutable, réalité absolue, présence brûlante. Et si l’humanité de Jésus voile sa nature divine aux yeux des spectateurs, il n’en n’est pas de même des esprit mauvais qui le reconnaissent. Les spectateurs de la scène ne reconnaissent pas le saint de Dieu en voyant Jésus. Mais lorsqu’il guérit cet homme blessé par les esprits mauvais, alors les spectateurs peuvent découvrir qui est Jésus ou au moins s'interroger sur ce qu’il est. Pourtant ils n’osent pas répondre à leur propre question: « Qu’est-ce que cela veut dire? Il enseigne avec autorité et il commande même aux esprits mauvais. » Ils savent bien ce que cela veut dire, et nous aussi. Mais ils n’osent pas le prononcer, et parfois nous non plus. Cela même les brûle déjà et les fait trembler que d’affirmer cela: celui qui chasse les esprits mauvais est donc le Saint de Dieu et Dieu lui-même au milieu de nous. Il n’y a pas d’issue, il nous faut donc le suivre et l’écouter et nous convertir à sa parole. Redoutable conclusion que l’esprit humain, faible par nature, rechigne à reconnaître et à assumer. Ces spectateurs du miracle approche cette vérité par des détours et avec les précautions qui les protègent de trop se livrer au Seigneur qui vient.
Et nous, comment recevons nous cette vérité éblouissante et donc redoutable? Nous qui sommes les disciples de Jésus, nous proclamons que nous connaissons Dieu tel qu’en lui-même et que nous pouvons approcher sa nature redoutable en nous approchant de la personne de Jésus le Christ. A lui, nous demandons notre salut, notre guérison, notre force. Vers lui nous nous tournons pour qu’il nous enseigne les chemins qui conduisent vers le Père et qui nous font vivre. De lui, nous recevons en partage son Esprit de sainteté qui nous introduit dans la communion avec Dieu, encore sous les voiles, en attendant la pleine révélation. Sans lui, le ciel se ferme et la vie perd sa substance et sa force et son sens. Avec lui, nous communions déjà à l’amour de Dieu et nous sommes capables d’une vie vraiment spirituelle et digne de Dieu. Pour lui, nous pouvons donner notre vie, agir selon son commandement et sa parole d’amour.
Amen.
Libellés :
Homélie
| Réactions : |
Inscription à :
Messages (Atom)







